Né à Rimouski (Québec, Canada) en 1988, Pierre-Luc Verville est un compositeur et artiste conceptuel. Depuis le milieu des années 2000, son travail se concentre sur les « conditions de possibilité » de l’œuvre d’art. Son approche médiologique de l’art s’intéresse aux médiations techniques, matérielles et institutionnelles qui participent à la configuration de l’œuvre.
En musique, ses compositions se caractérisent par une économie de moyens, des processus formels de transformation de la temporalité musicale, des ruptures de continuité et des dilatations de durées qui produisent des effets de décalage chez l’auditeur et révèlent la dépendance de l’art à l’égard de ses contextes. Avec la série Matériaux et outils (2015), depuis publiée sous forme d’album, il fait des objets et des gestes qui leur sont appliqués la matière même de la composition. Études pour boîte à rythmes (2019) prolonge cette recherche du côté de la musique électronique et Prélude à l’après-midi d’une chaise (2022) du côté de la musique d’objets. Sa production s’étend également au jazz informatique. Plus récemment, Marteau spectral (2026) explore la remédiation temporelle et spectrale comme matériau de composition pour bande.
Dans le monde de l’art, il pratique le détournement d’artefacts pour critiquer les dispositifs et les procédures de reconnaissance artistique et de légitimation institutionnelle. La série Installations et désinstallations (2008–2015) constitue l’un des principaux ensembles de cette pratique. Ses peintures, sculptures, photographies et installations ont été exposées au Musée régional de Rimouski, aux galeries Roger Bellemare et Christian Lambert (Montréal) et au Museum of Contemporary Canadian Art (Toronto).
En littérature, sa pratique se double d’une réflexion théorique sur la médiologie de l’art, menée notamment avec Teva Flaman et formulée dans l’article « Pour une approche médiologique de l’art ». Formes géométriques (2020) développe une écriture symbolique expérimentale et minimaliste qui transpose dans le présent l’expérience de lecture du hiéroglyphe. Avec Tractatus mediologicus (2026), une transduction du traité de Wittgenstein, il fait de cette forme propositionnelle le dispositif d’une réflexion sur la médiation et la transmission de l’œuvre. L’ouvrage se situe à la frontière de l’essai philosophique et de la littérature expérimentale.
Titulaire d’une maîtrise en création artistique, il poursuit une recherche pratique et théorique sur les conditions de possibilité de l’œuvre, articulant poïétique de la création, médiologie de l’art et architectonique de l’œuvre.